Amérindiens
Publié le 13/04/2008 à 12:00 par wabon
Ecrit par jmbee, le Dimanche 30 Juin 2002 : P
renez le temps, même si ça vous paraît long, de lire cette belle et longue complainte, celle du chef indien Seattle, des plaines du nord-ouest américain. Il répond par ces propos, en 1884, au président des Etats Unis de l’époque, Grover Cleveland, qui proposait une ‘réserve’ aux tribus indiennes en échange de l’achat de tous leurs territoires. Plus qu’un plaidoyer pour la nature et le respect de chacun, c’est un des derniers vestiges de l’humanité. Nos habitudes et notre société de consommation nous ont dépouillés du peu d’humanité-innée qui nous restait (la retrouver demanderait une discipline et un sens de l’effort hors du commun).
"Nous savons que l'homme blanc ne comprend pas nos mœurs. Une parcelle de terre ressemble pour lui à la suivante, car c'est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n'est pas son frère, mais son ennemi, et lorsqu'il l'a conquise, il va plus loin. Il abandonne la tombe de ses aïeux, et cela ne le tracasse pas. Il enlève la terre à ses enfants et cela ne le tracasse pas. La tombe de ses aïeux et le patrimoine de ses enfants tombent dans l'oubli. Il traite sa mère, la terre, et son frère, le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre comme les moutons ou les perles brillantes. Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu'un désert.
Je ne sais pas. Nos mœurs sont différentes des vôtres. La vue de vos villes fait mal aux yeux de l'homme rouge. Mais peut-être est-ce parce que l'homme rouge est un sauvage et ne comprend pas.
Il n'y a pas d'endroit paisible dans les villes de l'homme blanc. Pas d'endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps ou le froissement des ailes d'un insecte. Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage et ne comprends pas. Le vacarme semble seulement insulter les oreilles. Et quel intérêt y a-t-il à vivre si l'homme ne peut entendre le cri solitaire de l'engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d'un étang la nuit ? Je suis un homme rouge et ne comprends pas. L'indien préfère le son doux du vent s'élançant au-dessus de la face d'un étang, et l'odeur du vent lui-même, lavé par la pluie de midi ou parfumé par le pin pignon.
L'air est précieux à l'homme rouge, car toutes choses partagent le même souffle - la bête, l'arbre, l'homme, ils partagent tous le même souffle. L'homme blanc ne semble pas remarquer l'air qu'il respire. Comme un homme qui met plusieurs jours à expirer, il est insensible à la puanteur. Mais si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l'air nous est précieux, que l'air partage son esprit avec tout ce qu'il fait vivre. Le vent qui a donné à notre grand-père son premier souffle a aussi reçu son dernier soupir. Et si nous vous vendons notre terre, vous devez la garder à part et la tenir pour sacrée, comme un endroit ou même l'homme blanc peut aller goûter le vent adouci par les fleurs des prés.
Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ? L'idée nous parait étrange. Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l'air et le miroitement de l'eau, comment est-ce que vous pouvez les acheter ?
Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple. Chaque aiguille de pin luisant, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque clairière et chaque bourdonnement d'insecte est sacré dans le souvenir et l'expérience de mon peuple. La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l'homme rouge.
Les morts des hommes blancs oublient le pays de leur naissance lorsqu'ils vont se promener parmi les étoiles. Nos morts n'oublient jamais cette terre magnifique, car elle est la mère de l'homme rouge. Nous sommes une partie de la terre, et elle fait partie de nous. Les fleurs parfumées sont nos sœurs; le cerf, le cheval, le grand aigle, ce sont nos frères. Les crêtes rocheuses, les sucs dans les prés, la chaleur du poney, et l'homme - tous appartiennent à la même famille.
Aussi lorsque le Grand Chef à Washington envoie dire qu'il veut acheter notre terre, demande-t-il beaucoup de nous. Le Grand Chef envoie dire qu'il nous réservera un endroit de façon que nous puissions vivre confortablement entre nous. II sera notre père et nous serons ses enfants. Nous considérerons donc, votre offre d'acheter notre terre. Mais ce ne sera pas facile. Car cette terre nous est sacrée.
Cette eau scintillante qui coule dans les ruisseaux et les rivières n'est pas seulement de l'eau mais le sang de nos ancêtres. Si nous vous vendons de la terre, vous devez vous rappeler qu'elle est sacrée et que chaque reflet spectral dans l'eau claire des lacs parle d'événements et de souvenirs de la vie de mon peuple. Le murmure de l'eau est la voix du père de mon père.
Les rivières sont nos frères, elles étanchent notre soif. Les rivières portent nos canoës et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez désormais vous rappeler, et l'enseigner à vos enfants, que les rivières sont nos frères et les vôtres, et vous devez désormais montrer pour les rivières la tendresse que vous montreriez pour un frère.
Nous considérerons donc votre offre d'acheter notre terre. Mais si nous décidons de l'accepter, j'y mettrai une condition : l'homme blanc devra traiter les bêtes de cette terre comme ses frères.
Je suis un sauvage et je ne connais pas d'autre façon de vivre. J'ai vu un millier de bisons pourrissant sur la prairie, abandonnés par l'homme blanc qui les avait abattus d'un train qui passait. Je suis un sauvage et ne comprends pas comment le cheval de fer fumant peut être plus important que le bison que nous ne tuons que pour subsister.
Qu'est-ce que l'homme sans les bêtes? Si toutes les bêtes disparaissaient, l'homme mourrait d'une grande solitude de l'esprit. Car ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l'homme. Toutes choses se tiennent.
Vous devez apprendre à vos enfants que le sol qu'ils foulent est fait des cendres de nos aïeux. Pour qu'ils respectent la terre, dites à vos enfants qu'elle est enrichie par les vies de notre race. Enseignez à vos enfants ce que nous avons enseigné aux nôtres, que la terre est notre mère. Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Si les hommes crachent sur le sol, ils crachent sur eux-mêmes.
Nous savons au moins ceci : la terre n'appartient pas à l'homme, l'homme appartient à la terre. Cela, nous le savons. Toutes choses se tiennent comme le sang qui unit une même famille. Toutes choses se tiennent.
Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Ce n'est pas l'homme qui a tissé la trame de la vie : il en est seulement un fil. Tout ce qu'il fait à la trame, il le fait à lui-même.
Même l'homme blanc, dont le Dieu se promène et parle avec lui comme deux amis ensemble, ne peut être dispensé de la destinée commune. Après tout, nous sommes peut-être frères. Nous verrons bien. Il y a une chose que nous savons, et que l'homme blanc découvrira peut-être un jour, c'est que notre Dieu est le même Dieu. Il se peut que vous pensiez maintenant le posséder comme vous voulez posséder notre terre, mais vous ne pouvez pas. Il est le Dieu de l'homme, et sa pitié est égale pour l'homme rouge et le blanc. Cette terre Lui est précieuse, et nuire à la terre, c'est accabler de mépris son créateur. Les blancs aussi disparaîtront ; peut-être plus tôt que toutes les autres tribus. Contaminez votre lit, et vous suffoquerez une nuit dans vos propres détritus.
Mais en mourant vous brillerez avec éclat, ardents de la force du Dieu qui vous a amenés jusqu'à cette terre et qui pour quelque dessein particulier vous a fait dominer cette terre et l'homme rouge. Cette destinée est un mystère pour nous, car nous ne comprenons pas lorsque les bisons sont tous massacrés, les chevaux sauvages domptés, les coins secrets de la forêt chargés du fumet de beaucoup d'hommes et la vue des collines en pleines fleurs ternies par des fils qui parlent. Où est le hallier ? Disparu. Où est l'aigle ? Disparu.
La fin de la vie et le début de la survivance."
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Publié le 08/04/2008 à 12:00 par wabon
Chef Seattle (1786 - 1866)
Chef Seattle était un leader héréditaire de la tribu des Duwamishs. Les extraits qui suivent sont issus d'un discours qu'il a prononcé à Point Elliot, en 1855, à l'attention du gouverneur Isaac Stevens et à travers lui le président des États-Unis d'Amérique.
Le ciel au-dessus de nos têtes, qui a pleuré des larmes de compassion sur mon peuple pendant des siècles et des siècles, qui nous parait immuable et éternel, est soumis au changement. Aujourd'hui, il est clair, demain il sera peut-être couvert de nuages[...] Le chef blanc dit que le grand chef à Washington nous envoie ses salutations amicales et ses bons vœux. C'est très aimable de sa part, car nous savons qu'il n'a lui-même guère besoin de notre amitié. Son peuple est innombrable, il est comme l'herbe qui recouvre les grandes prairies. Mon peuple est peu nombreux, il ressemble aux arbres épars d'une plaine balayée par la tempête. Le grand, et je suppose, bon chef blanc nous fait savoir qu'il souhaite acheter nos terres, mais qu'il désire nous en laisser assez pour que nous puissions vivre confortablement. Cette offre semble juste, généreuse même, car l'homme rouge est désormais privé de droits dont il pourrait exiger le respect ; elle paraît également judicieuse, dans la mesure où nous n'avons plus besoin d'un pays très étendu.
Il fut un temps où notre peuple couvrait la terre comme les vagues d'une mer agitée par le vent recouvrent son fond pavé de coquillages. Mais cette époque a pris fin depuis longtemps avec la grandeur des tribus, dont nous ne gardons plus aujourd'hui qu'un poignant souvenir.[...]
Nous souhaitons aujourd'hui que les hostilité entre nous ne puissent plus jamais être ré ouvertes. Nous aurions tout à y perdre. La vengeance est considérée comme un juste retour des choses par les jeunes braves, même lorsqu'elle s'accomplit au prix de leur vie, mais les vieillards qui demeurent chez eux en temps de guerre, et leurs mères qui s'inquiètent du sort de leurs fils, savent pertinemment qu'il n'en est rien.
Notre bon père à Washington [...] nous assure que si nous agissons comme il le désire, il nous protègera. Ses braves guerriers dresseront un mur infranchissable autour de nous, et ses merveilleux navires de guerre rempliront nos ports, si bien que nos anciens ennemis des terres lointaines du Nord, les Hidas et les Timpsions, cesseront d'effrayer nos femmes, nos enfants et nos vieillards. Alors il sera véritablement notre père, et nous serons vraiment ses enfants. Mais cela peut-il se produire un jour ? Votre Dieu n'est pas notre Dieu ! Votre Dieu aime votre peuple et hait le mien. Il étend amoureusement ses puissants bras protecteurs autour du visage pâle et le guide par la main comme un père conduit son petit enfant - mais Il a abandonné Ses enfants rouges, si tant est qu'ils soient réellement Ses enfants. Notre Dieu, le Grand Esprit, semble lui aussi nous avoir oubliés. Votre Dieu vous rend plus forts de jour en jour. Bientôt votre peuple s'étendra sur toute cette terre. Le nôtre ne cesse de diminuer comme une marée qui descend rapidement et ne reviendra jamais. Le Dieu de l'homme blanc ne doit pas aimer notre peuple, car sinon Il le protègerait. Nous ressemblons à des orphelins qui ne peuvent se tourner nulle part pour trouver de l'aide. Comment, dans ce cas, serions-nous frères ? Comment votre Dieu pourrait-Il devenir le nôtre, nous rendre la prospérité, faire revivre en nous des rêves de grandeur retrouvée ? Si nous avons tous le même Père Céleste, Il doit avoir ses préférences, car Il s'est montré seulement à Ses enfants au visage pâle.[...] Non ! Nous sommes deux races distinctes, avec des origines différentes et des destins divergents. Il y a peu de chose en commun entre nos peuples.
Pour nous, les cendres de nos ancêtres sont sacrées, et l'emplacement où elles reposent est une terre sainte. Vous errez loin des tombes des vôtres, apparemment sans regret. Votre religion a été écrite sur des tables de pierre par le doigt de fer de votre Dieu afin que vous ne risquiez pas de l'oublier. L'homme rouge n'a jamais pu ni la comprendre, ni s'en souvenir. Notre religion est faite des traditions de nos ancêtres - les rêves que le Grand Esprit a envoyés à nos anciens aux heures solennelles de la nuit, les visions de nos Sages -, et elle est inscrite dans les cœurs de notre peuple.
Vos morts cessent de vous aimer, ainsi que la terre qui les a vus naître, dès qu'ils franchissent les portes de la tombe et s'en vont vaquer au-delà des étoiles. Ils sont vite chassés de vos mémoires et ne reviennent plus. Les nôtres n'oublient jamais le monde merveilleux qui leur a donné la vie. Ils continuent d'aimer ses vallées verdoyantes, ses cours d'eau murmurants, ses magnifiques montagnes, ses vallons encaissés, ses lacs et ses baies aux rives boisées ; ils brûlent toujours d'une affection tendre et indulgente pour les vivants au cœur solitaire, et reviennent souvent du pays des Chasses Bienheureuses pour leur rendre visite, les guider, les consoler et les réconforter.
[...] Votre proposition semble équitable, et je pense que mes frères vont l'accepter et se retirer sur la réserve que vous leur offrez. Alors nous vivrons en paix à l'écart les uns des autres, car les mots du Grand Chef Blanc semblent être la voix de la nature parlant à mon peuple du fond des ténèbres impénétrables.
Peu nous importe l'endroit où nous passerons le reste de nos jours, ils ne seront de toute façon pas très nombreux. La nuit de l'indien promet d'être sombre. Pas une seule étoile d'espoir ne brille au-dessus de son horizon, des vents aux accents funèbres gémissent au loin. La sinistre Némésis semble être sur la piste de l'homme rouge : partout où il ira, il percevra dorénavant derrière lui les pas de son féroce destructeur, et il se préparera à affronter stoïquement son destin, ainsi que le fait la biche blessée en entendant approcher le chasseur.
Encore quelques lunes, encore quelques hivers, et plus un seul descendant des puissants hôtes qui peuplèrent autrefois cette vaste terre où vécurent dans des foyers heureux, protégés par le Grand Esprit, ne restera pour pleurer sur les tombes d'un peuple jadis plus florissant et plus rempli d'espoir que le vôtre. Mais pourquoi m'attristerai-je de la disparition prématurée des miens ? Une tribu suit l'autre, une nation succède à l'autre, comme les vagues de l'océan. Telle est la loi de la nature, et tout regret paraît inutile. Le temps de votre chute est encore peut-être lointain, mais il viendra sûrement, car même l'homme blanc dont le Dieu marche à côté de lui et lui parle comme à un ami ne pourra pas échapper à la destinée commune. Nous sommes peut-être des frères, après tout. Nous verrons bien.
Nous examinerons votre proposition, et quand nous aurons pris une décision, nous vous la ferons connaître. Mais pour que nous l'acceptions, je pose moi-même, d'ores et déjà, cette condition : que nous soit pas refusé le droit de venir visiter à tout moment, sans être maltraités, les tombes de nos ancêtres, de nos amis et de nos enfants. Chaque parcelle de ce pays est sacrée dans l'esprit de mon peuple. Chaque flanc de montagne, chaque vallée, chaque plaine, chaque bocage a été sanctifié par un événement heureux ou malheureux survenu à une époque depuis longtemps révolue. Les rochers eux-mêmes, apparemment muets et morts, transpirent sous le soleil le long du rivage silencieux, et frémissent du souvenir d'évènements importants liés à la vie des miens; la terre épouse plus amoureusement nos pas que les vôtres parce qu'elle est riche de la poussière de nos ancêtres, et que nos pieds nus sont conscients de ce contact rempli d'amour. Tous ceux qui sont partis, nos braves, nos mères affectionnées, nos jeunes filles heureuses, au cœur joyeux, et même les petits enfants qui vécurent ici et n'y connurent que la joie que pendant une brève saison, continuent d'aimer ces étendues aujourd'hui mornes et désertes; chaque jour, à la tombée de la nuit , les esprits y reviennent en grand nombre. Quand le dernier homme rouge aura disparu de la surface de cette Terre et que le souvenir des miens sera devenu un mythe parmi les hommes blanc, ces rivages grouilleront des morts invisibles de ma tribu, et lorsque les enfants de vos enfants se croiront seuls dans les champs, les magasins, dans les boutiques, sur les routes, ou dans le silence des bois impénétrables, ils ne le seront pas. Sur toute la terre, il n'y a pas d'endroit où la solitude soit possible. La nuit, quand les rues de vos villes seront silencieuses et que vous les croirez désertes, elles seront remplies par la foule des revenants qui occupaient autrefois cette belle contrée et continuent de l'aimer. L'homme blanc ne sera jamais seul.
Qu'il soit juste, et qu'il traite mon peuple avec égard, car les morts ne sont pas dénués de pouvoir. Les morts, ai-je dit ? Il n'y a pas de mort. Seulement un changement de monde.
Publié le 06/04/2008 à 12:00 par wabon
Chef Joseph (1840 - 1904)
Chef Joseph fut l'un des chefs de la tribu des Nez-Percés. Ils vivaient en bonne entente avec les blancs avant 1877. Mais cette entente fut compromise à la suite de la découverte d'or sur leur terrain de chasse dans l'Oregon. Il s'en suivi une guerre entre blancs et Nez-Percés. Bien entendu les indiens furent obligés de se rendre mais après une formidable leçon de courage pour qui connaît cette histoire : environ 800 d'entre eux fuirent devant l'avancée yankee et parcoururent près de 1700 km. A la fin de cette longue fuite, Chef Joseph fut contraint de signer avec le colonel Nelson Miles la reddition de son peuple, à seulement 46km de la frontière canadienne le but de leur épopée. Il furent ensuite déportés dans une réserve du Kansas où bon nombre moururent de maladie. Chef Joseph, quant à lui, y mourut à l'age de 64 ans.
Mon père m'a fait appeler. J'ai vu qu'il allait mourir. J'ai pris sa main dans la mienne. Il m'a dit : «Mon fils, mon corps retourne vers ma mère la terre, et mon esprit va bientôt voir le Chef Grand Esprit. Quand je serai parti, pense à ton pays. Tu es le chef de ce peuple. Ils attendent de toi que tu les guides. Rappelle-toi toujours que ton père n'a jamais vendu son pays. Tu dois te boucher les oreilles chaque fois qu'on te demandera de signer un traité pour vendre ton pays natal. Encore quelques années et les hommes blancs t'encercleront. Ils ont les yeux sur cette terre. N'oublie jamais, mon fils, mes paroles de mourant. Cette terre renferme le corps de ton père. Ne vends jamais les os de ton père et de ta mère.»
J'ai pressé la main de mon père et je lui ai dit que je protègerai sa tombe de ma propre vie. Mon père a souri et s'en est allé vers la terre des esprits.
Je l'ai enterré dans cette belle vallée où l'eau serpente. J'aime cette terre plus que tout le reste au monde. Un homme qui n'aimerait pas la tombe de son père serai pire qu'un animal sauvage.
Tous les hommes ont été créés par le même Esprit Divin. Nous sommes tous frères. Notre terre est la mère de tous les êtres humains, et tous devraient bénéficier de ses bienfaits de manière égale. Je sais que nous autres, Indiens, devons changer...
Nous voulons seulement avoir les mêmes droits que les autres hommes, nous voulons être comme faisant partie de l'humanité. Et lorsque l'Indien sera traité par l'homme blanc comme tout autre être humain, alors nous ne connaîtrons plus la guerre. Nous aimerions être les enfants d'une même et seule famille sous un seul et unique ciel entouré du même pays, et nous prions pour que cela advienne.
Je suis fatigué de me battre. Nos chefs ont été tués. Looking Glass est mort. Too-Hul-Hul-Sote est mort. Tous les anciens sont également morts... Celui qui dirigeait nos jeunes gens, Ollokot, est mort. Oh ! il fait si froid et nous n'avons pas de couvertures. Nos petits enfants meurent de froid. Certaines personnes parmi mon peuple se sont enfuies dans les collines, elles n'ont ni couvertures ni nourriture. Personne ne sait où elles sont allées, peut-être sont-elles déjà morte de froid. Je veux qu'on me laisse du temps pour rechercher mes enfants, et voir combien je peux en retrouver vivants. Il se peut que je les retrouve parmi les morts. Écoutez-moi, dites au Général Howard que je connais son coeur. Le mien est triste et tourmenté. À partir de ce jour, de l'endroit où se tient le soleil, je ne combattrai plus jamais !
Les trois textes précédents n'ont pas été mis dans un ordre aléatoire. Ils sont là pour montrer à quel point les blancs ont réussi à faire plier la volonté d'un homme et avec lui celle de tout un peuple. En 1883, le président Hayes autorisa une petite partie de la bande de Chef Joseph à regagner leur terre, ce dernier n'y fut pas autorisé, et resta donc dans la réserve Coville dans l'État de Washington où il mourut en 1904. Le départ de ce groupe ne se fit pas tout seul, voici un discours qu'il prononça le 14 janvier 1879 devant le Congrès :
J'ai serré la main a beaucoup d'amis, mais il y a des choses que je veux savoir et que pas un ne semble capable d'expliquer. Je ne peux pas comprendre comment le gouvernement qui envoie un homme combattre, comme il le fit avec le général Miles, peut ensuite rompre ses promesses. Un tel gouvernement a quelque chose de mauvais en lui... Je ne comprends pas pourquoi rien n'est fait pour mon peuple. J'ai entendu discours après discours mais rien n'est fait. Les bonnes paroles ne servent à rien s'il n'en sort quelque chose. Les paroles ne me rendent pas mes morts. Elles ne me rendent pas mon pays envahi aujourd'hui par l'homme blanc. Elles ne protègent pas la tombe de mon père. Elles ne me rendent pas mes chevaux et mon bétail.
Les bonnes paroles ne me rendent pas mes enfants. Les bonnes paroles ne changeront rien à la promesse de votre chef de guerre le général Miles. Les bonnes paroles ne donnent pas bonne santé à mon peuple, et ne l'empêchent pas de mourir. Les bonnes paroles ne donneront pas à mes gens un lieu où ils puissent vivre en paix et prendre soin d'eux-mêmes.
Je suis fatigué des discours qui ne débouchent sur rien. J'ai le coeur malade quand je me rappelle toutes les belles paroles et les promesses non tenues ; il y a eu trop de paroles venant d'hommes qui n'avaient pas droit à la parole. Trop de mauvaises interprétations ont été faites ; trop souvent les hommes blancs se sont mépris sur les Indiens.
Si l'homme blanc veut vivre en paix avec l'Indien, il peut vivre en paix. Il n'est pas nécessaire de se quereller. Traitez tous les hommes pareillement. Donnez leurs à tous une chance égale de vivre et de croître... Vous pouvez aussi bien attendre des rivières qu'elles coulent à l'envers, qu'exiger de n'importe quel homme libre qu'il soit content d'être enfermé et que la liberté d'aller où bon lui semble lui soit refusée. Si vous attachez un cheval à un piquet, vous attendez-vous à ce qu'il grossisse ? Si vous parquez un Indien dans un coin de terre et que vous l'obligez à rester, il n'y sera pas content et il ne croîtra ni ne prospèrera. J'ai demandé à certains grands chefs Blancs d'où ils tenaient le droit de dire à l'Indien qu'il resterait dans un endroit alors qu'il voit les hommes blancs aller où ils veulent. Ils ne peuvent me répondre. Ce que je demande au gouvernement, c'est d'être traité comme les autres hommes sont traités. Si je ne peux pas aller dans mon propre foyer, donnez-moi un foyer où mon peuple ne mourra pas si vite...
Je sais que ma race doit changer. Nous ne pouvons rester tels que nous sommes à côté de l'homme blanc. Nous ne demandons qu'une chance égale de vivre comme tous les autres hommes vivent. Nous demandons à être reconnus comme des hommes. Nous demandons que la même loi soit appliquée pareillement à tous les hommes. Si un Indien viole la loi, punissez-le par la loi. Si un homme blanc viole la loi, punissez-le aussi. Rendez-moi ma liberté - liberté de voyager, liberté de m'arrêter, liberté de travailler, liberté de faire du commerce là où je le choisis, liberté de suivre la religion de mes pères, liberté de penser et d'agir pour moi-même - et j'obéirai à chaque loi ou je me soumettrai au châtiment.
Nos pères nous ont transmis de nombreuses lois, qu'ils avaient apprises eux-mêmes de leur pères. Elles disaient de traiter les hommes comme ils nous traitent, que nous ne devions jamais rompre un accord les premiers, que c'était une honte de dire des mensonges, que seule la vérité devait être dite.
Publié le 05/04/2008 à 12:00 par wabon
ARC AMÉRINDIEN
Chez les amérindiens, l’arc prenait une grande place. Ils passaient une grand partie de leurs temps à les confectionné.
Sa fabrication pouvait varié d’une Tribus à l’autre et faisait souvent l’objet d’un rituel complexe.
Les amérindiens avaient un grande complicité avec leurs arcs et cela commençait des leurs plus jeune ages. En effet des 4 ans le jeune papooe en possédait déjà un et commençait avec l’aide de son père a tiré, a découvrir la fabrication et les rituels qui était liés a l’arc.
De nombreux types de bois était employé dans leurs fabrications, les plus utilisé a cause de l’élasticité était le bois d’osage orange, que l'on trouvait dans la partie sud des usa et le bois de if des montagnes rocheuses.
Les autres bois les plus communs étaient le frêne, le chêne, l'acacia et l'érable. Ceux ci entre encore dans la fabrication des arcs modernes.
Certains arcs plus perfectionnés étaient fait a base de cornes de mouflon voir de bois de wapiti, d'autres fabriqué a partir de bois de récupération que l’on trouvait sur les plages (surtout chez les tribus Inuits du grand nord). Ces derniers pouvaient être renforcés avec des tendons de caribous.
Arc Sioux
On coupait le bois a la fin de l’hiver avant la montée de la sève, puis on enlevait l’écorce. Ensuite les indiens frottaient avec une tige, sur laquelle de la graisse d’animal avait été mise. Après, il l’enveloppait dans de la peau et la suspendait au sommet de son habitation au dessus du feu afin de sécher le bois.
Pendant une période d’une quinzaine de jour, le bois était travaille pour donner la forme voulu a l’arc.
La corde était faite de tendons torsadés de buffle, de bisons, de nerfs de pattes de daim ou de boyau d'ours.
Pour faire les flèches, ils utilisaient tout ce qui poussait a peu près droit, ainsi on trouve des flèches en bois de hêtre, de bouleau, de cèdre, de cornouiller, voir même en roseau.
Ces dernières étaient composées en deux parties, la flèche et la pointe qui elle était faite d'un bois plus dur pour mieux résister aux impacts, mais aussi avec des os taillé ou des pierres.
Lorsqu’il partait à la chasse, les indiens emportaient toujours avec eux deux arcs.
Description d’un arc type des Plaines par T.M. HAMILTON (Native American bows, Missouri Archeologue).
Cet arc que je possède est fait d’une pièce de White Oak (Chêne blanc).
Il a 113cm de long et de 110,5 cm entre les encoches d’attache.
Le centre de la poignée est à 55,8 cm de chaque extrémité et a une section de 2,9 x 1,9 cm.
Au milieu de chaque branche, la section est de 2,6 x 1,6 cm et à 2,5 cm en dessous des encoches, elle est de 1,7 x 1,3 cm.
La " flèche " mesurée depuis la face arrière de la poignée jusqu’à une ligne imaginaire joignant les pointes est de 13,7 cm.
Le dos de l’arc est recouvert d’une couche de tendon qui semble avoir une épaisseur de 1,5 mm.
Cette couche consiste en tendon défibré étendu et mélangé à de la colle, mais elle ressemble par son aspect à de l’écorce d’un jeune noyer d’Amérique.
En dépit de son apparence et de sa dureté cette couche est remarquablement élastique.
La corde est également fait de tendon tordu.
(Vu sur internet)
Publié le 04/04/2008 à 12:00 par wabon
La tradition des Indiens de l’Amérique du Nord Frithjof Schuon
La tradition des Indiens de l’Amérique du Nord, ou plus précisément de ceux des plaines et des forêts dont le domaine s'étend des Montagnes Rocheuses – et même de plus loin – à l’Océan atlantique, possède un symbole et un « moyen de grâce » de première
importance : le Calumet, qui représente une synthèse doctrinale à la fois concise et complexe, et aussi un instrument rituel sur lequel s'appuie toute la vie spirituelle et sociale ; décrire le symbolisme de la Pipe sacrée et de son rite revient donc, en un certain sens, à exposer toute la sagesse des Indiens. Il est vrai que la tradition indienne comporte forcément des variations assez considérables dues à l’éparpillement séculaire des tribus1, et portant par exemple sur le mythe de l’origine du Calumet ou sur le symbolisme des couleurs ; aussi ne retiendrons-nous ici de la sagesse indienne que ses aspects fondamentaux qui restent toujours identiques sous la variété de leurs expressions. Nous utiliserons toutefois de préférence les symboles en usage chez les Sioux, nation à laquelle appartenait Héhaka Sapa (Black Elk : Wapiti Noir)(2), le vénérable auteur de ce livre. Les Indiens de l'Amérique du Nord sont une des races qui ont été le plus étudiées par les ethnographes, et pourtant, on ne saurait affirmer qu'ils sont parfaitement connus ; l'ethnographie, pas plus qu'une autre science ordinaire, n'englobe toute connaissance possible, et elle ne saurait être par conséquent la clef de toute connaissance. Si nous
voulons pénétrer le sens de la sagesse des Indiens, ce ne peut être qu'à l’aide d'autres doctrines traditionnelles et sacrées, ou plus précisément, ce qui revient au même, à la lumière de la philosophia perennis qui demeure une et immuable sous toutes les formes
qu'elle peut assumer à travers les ages. L’Indien d'autrefois se laisse difficilement ranger dans l’une des catégories connues de civilisation ou de non-civilisation, et il semble constituer, sous ce rapport, un type à part dans l'ensemble des types humains ; même quand on croit ne pas pouvoir lui reconnaître le caractère de « civilisé », on est obligé de reconnaître en lui un homme étrangement entier : sa dignité et sa force d'âme, sa noblesse faite de droiture, de courage 1 Ce trait se retrouve aussi dans 1'Hindouisme et peut-être même dans toute autre tradition à forme mythologique; dans l'Inde, les mêmes symboles peuvent varier considérablement suivant les contrées : un même terme peut désigner ici une réalité fondamentale, et ailleurs un aspect secondaire de la même réalité.
(2) Héhaka Sapa mourut en 1950 dans la Réserve de Pine Ridge (South Dakota).
La tradition des Indiens de l’Amérique du Nord (I)
et de générosité, puis la puissante et sobre originalité de son art qui semble l'apparenter à l’aigle et au soleil, font de lui une sorte d'être mythologique qui fascine et force le respect; peut-être les anciens Germains, ou les Mongols d'avant le Bouddhisme, nous
eussent-ils fait une impression analogue.
Quant à la « civilisation », les expériences de ce XXe siècle nous obligent à reconnaître qu'elle est bien peu de chose, du moins en tant qu'elle se distingue et se détache du patrimoine religieux ; en effet, si l’on entend le mot « civilisé » dans le sens très superficiel qu'il a couramment, signifiant qu'un homme se trouve soumis à des conditions de vie artificielles, différenciées et « abstraites », le Peau-Rouge ne perd rien à ne pas répondre à cette définition ; au contraire, la simplicité de son genre de vie ancestral crée l’ambiance qui permet à son génie de s'affirmer ; nous voulons dire par là que l'objet de ce génie, comme du reste chez la plupart des nomades ou semi-nomades et
en tout cas chez les chasseurs guerriers, est beaucoup moins la création extérieure, artistique si l’on veut, que l'âme elle-même, l'homme tout entier, matière plastique de « l'artiste primordial ». Cette absence de « beaux-arts » proprement dits – nous ne parlons pas ici de la pictographie – n'est donc pas simplement un « moins », puisqu'elle est conditionnée et compensée par une attitude spirituelle et morale qui, précisément, ne permet pas à l'homme de s'extérioriser au point de devenir le serviteur de la matière inerte, comme l'exige forcément tout art « statique ». Un travail « servile » ou « de squaw », c'est-à-dire réduisant 1'homme à un rôle apparemment périphérique, est incompatible avec une civilisation fondée sur la Nature et l'Homme dans leurs fonctions primordiales ; l'art est fait pour l'homme et non l'homme pour l'art, dira-t-on selon cette perspective, et en effet, l’art indien est avant tout un « encadrement » de cette création divine, centrale et libre qu'est l'être humain. L'objet de la manifestation géniale reste donc toujours l’homme en tant que symbole et médiateur : ce qui s'extériorise ne se détache jamais du microcosme vivant pour devenir un être nouveau, inerte, une sorte d' « idole » qui finirait par absorber ou par écraser le créateur humain ; en un mot, l’Indien conçoit l’art comme une fonction vivante de l’homme en tant qu'être central et souverain, et c'est l'essence spirituelle même de cet art, et non point quelque incapacité, qui exclut la projection de l’homme dans la matière, voire une sorte d'oubli de soi devant un idéal matérialisé. L’art indien est d'une simplicité toute primordiale, d'un langage concentré, direct, hardi; comme l'Indien lui-même, – type non seulement noble, mais aussi puissamment original, – son art est à la fois « qualitatif » et spontané ; il est d'un symbolisme précis en même temps que d'une surprenante fraîcheur. Il « encadre », avons-nous dit, la personne humaine, et c'est ce qui explique la haute qualité qu'atteint ici l'art vestimentaire : coiffures majestueuses, surtout la grande parure en plumes d'aigle, – vêtements ruisselants de franges et brodés de symboles solaires, mocassins aux dessins chatoyants qui semblent vouloir enlever aux pieds toute pesanteur et toute uniformité, robes féminines d'une exquise simplicité ; cet art indien, dans ses aspects concis comme dans ses expressions les plus riches, est, peut-être non l'un des plus subtils, mais assurément l'un des plus géniaux qui soient. Certains auteurs croient devoir contester que la tradition indienne possède l'idée de Dieu, et cela parce qu'ils croient y découvrir du « panthéisme » ou « immanentisme » pur et simple ; mais cette méprise n'est due qu'au fait que la plupart des termes indiens désignant la Divinité s'appliquent à tous les aspects possibles de celle-ci, et non pas à seul aspect personnel ; Wakan-Tanka – le « Grand-Esprit » – est Dieu, non pas seulement en tant que Créateur et Seigneur, mais aussi en tant qu'Essence impersonnelle. Ce nom de « Grand-Esprit » comme traduction du mot sioux Wakan-Tanka, et des termes similaires dans d'autres langues indiennes, donne parfois lieu à des objections ; pourtant, si Wakan-Tanka – et les termes correspondants – peut aussi se traduire par « Grand-Mystère » ou « Grand-Pouvoir-mystérieux » (ou même « Grande-Médecine »), et que « Grand-Esprit » n'est sans doute pas absolument adéquat, cette dernière traduction
est néanmoins tout à fait suffisante ; il est vrai que le mot « esprit » a quelque chose d'assez indéterminé, mais il n'en présente pas moins l'avantage de n'impliquer aucune restriction, et c'est là exactement ce qui convient pour le terme « polysynthétique » de Wakan. L’expression de « Grand-Mystère » proposée par certains comme traduction de Wakan-Tanka – ou des termes analogues dans d'autres langues indiennes, tels que Wakonda ou Manito – n'explicite pas mieux que « Grand-Esprit » l'idée qu'il s'agit de rendre, car le mot « mystère » n'exprime somme toute qu'une qualité extrinsèque ; ce qui importe est du reste la question de savoir, non si le terme indien rend exactement ce que nous entendons par « esprit », mais si l’idée exprimée par le terme indien peut se traduire par « esprit » ou non. Nous avons dit plus haut que le « Grand-Esprit » est Dieu, non pas seulement en tant que Créateur et Seigneur, mais aussi en tant qu'Essence impersonnelle ; nous ajouterons que, inversement, Il est Dieu non seulement comme pur Principe, mais aussi comme Manifestation : Il est donc Dieu comme tel et en Lui-même, puis Dieu en tant que Manifestation cosmique, s'il est permis de s'exprimer ainsi, et enfin Dieu en tant que reflet de Lui-même dans cette Manifestation, c'est-à-dire en tant qu'empreinte divine dans le créé. Ce que nous venons de dire découle d'une façon nécessaire de l'emploi même que font les Indiens de la plupart des termes désignant le « Grand-Esprit »; mais, à part cela, les Sioux établissent explicitement une distinction entre les aspects essentiels de Wakan-Tanka : Tunkashila (« Grand-Père ») est Wakan-Tanka en tant que celui-ci est au delà de toute manifestation, et même au delà de toute qualité ou détermination quelle qu'elle soit ;
Ate (« Père ») par contre est « Dieu en acte » : le Créateur, le Nourrisseur et le Destructeur. D’une manière analogue, ils distinguent, en ce qui concerne la « Terre », Unchi (« Grand-Mère ») et Inâ (« Mère ») : Unchi est la Substance de toute chose, tandis que Inâ est son acte créateur, – envisagé ici comme un « enfantement », – acte qui produit, conjointement avec 1' « inspiration » par Ate, tous les êtres.
C'est à travers les espèces animales et les phénomènes fondamentaux de la nature que l'Indien contemple les essences angéliques et les Qualités divines : dans cet ordre d'idées, nous citerons les considérations suivantes d'une lettre de Joseph Epes Brown : « Il est difficile, pour ceux qui regardent la religion des hommes rouges de l'extérieur, de comprendre l'importance qu'ont pour eux les animaux et, d'une manière générale, toutes les choses que contient l’Univers. Pour ces hommes, tout objet créé est important, pour la simple raison qu'ils connaissent la correspondance métaphysique entre ce monde-ci et le « Monde réel ». Aucun objet n'est pour eux ce qu'il paraît être selon les seules apparences; ils ne voient dans la chose apparente qu'un faible reflet d'une réalité principielle. C'est pour cela que toute chose est wakan, sacrée, et possède un pouvoir, selon le degré de la réalité spirituelle qu'elle reflète ; ainsi, beaucoup d'objets possèdent un pouvoir pour le mal autant que pour le bien, et tout objet est traité avec respect, car le « pouvoir » particulier qu'il contient peut être transféré dans l'homme ; les Indiens savent bien qu'il n'y a rien, dans l'Univers, qui n'ait sa correspondance analogique dans l'âme humaine. L'Indien s'humilie devant la Création entière, surtout quand il « implore » (c'est-à-dire, quand il invoque rituellement le Grand-Esprit dans la solitude), parce que toutes les choses visibles ont été créées avant lui (antériorité qui, au point de vue d'un certain symbolisme des créatures, a aussi un sens purement principiel) et que, étant ses aînées, elles méritent le respect ; mais l'homme, bien qu'ayant été créé en dernier lieu, est pourtant le premier des êtres, car lui seul peut connaître le Grand-Esprit (Wakan-Tanka)(1)».
(1)« On parle généralement de la religion de l'Indien comme d'un culte de la nature et des animaux. Ce terme est trop large et trop confus à la fois. Une investigation approfondie et une observation soigneuse nous apprennent au contraire que l'Indien n'adore point les objets qu'il invoque ou mentionne dans ses rites. La terre, les quatre vents, le soleil, la lune et les étoiles, les pierres, l'eau, les divers animaux, sont tous les représentants d'une vie et d'un pouvoir mystérieux... » (Alice C. Fletcher, The Elk Mystery or Festival). —
« Une chose n'est pas seulement ce qu'elle est pour les sens, mais aussi ce qu'elle représente. Les objets, naturels ou artificiels, ne sont pas pour le primitif, comme ils peuvent l'être pour nous, des « symboles » arbitraires de telle réalité différente et supérieure ; mais ils sont pour lui la manifestation effective de cette réalité : l'aigle ou le lion, par exemple, n'est pas tant un symbole ou une image du Soleil qu'il n'est le Soleil sous une de ses apparences (la forme essentielle étant plus importante que la nature dans laquelle elle se manifeste) ; de même, toute maison est le monde en effigie et tout autel est situé au centre de la terre ; si cette façon d 'envisager les choses nous est « inconcevable », c'est seulement parce que « nous » sommes plus intéressés par ce que les choses sont que par ce qu'elles signifient, plus
Ces considérations permettront de mieux comprendre de quelle façon toute chose « caractéristique », c'est-à-dire manifestant une « essence », est wakan, « sacrée ». Croire que Dieu est le soleil, c'est assurément une erreur toute « païenne », — et étrangère à la pensée indienne, — mais il est tout aussi absurde de croire que le soleil n'est rien d'autre qu'une masse incandescente, c'est-à-dire, qu'il n' « est » Dieu en aucune manière. Nous pourrions nous exprimer aussi de la manière suivante : est wakan ce qui est intégralement conforme à son propre « génie »; le Principe est Wakan-Tanka, c'est-à-dire : ce qui est absolument « Soi-même » ; et d'autre part, le sage est celui qui est parfaitement conforme à son « génie » ou à son « essence » ; celle-ci n'est autre que le « Grand-Esprit » ou le « Grand-Mystère ». Est wakan, « sacré », ce qui permet d' « assentir » directement la Réalité divine ; l’homme est wakan quand son âme manifeste le Divin avec l'évidence spontanée et fulgurante des merveilles de la nature : les éléments, le soleil, l’éclair, l'aigle, le bison, l’ours, les montagnes, les torrents, les étoiles et ainsi de suite. C'est pour cela que la lâcheté — sorte d'abandon de la « personnalité » — est le péché par excellence ; et c'est ce qui explique aussi l’ « individualisme », apparent ou réel, des Indiens, attitude qui, en partant de la « personnalité qualitative », a fini par devenir un individualisme aventureux. Quant à la connaissance du « Grand-Esprit » que seul l’homme, parmi toutes les créatures terrestres, peut atteindre, Héhaka Sapa l'a définie un jour en ces termes : « Je suis aveugle et je ne vois pas les choses de ce monde ; mais quand la Lumière vient d'En- Haut, elle illumine mon cœur et je peux voir, car l'Œil de mon cœur (Chante Ishta) voit toute chose. Le cœur est le sanctuaire au centre duquel se trouve un petit espace où habite le Grand-Esprit, et ceci est l’ Œil (Ishta). Ceci est l' Œil du Grand-Esprit par lequel Il voit toute chose, et par lequel nous le voyons. Lorsque le cœur n'est pas pur, le Grand-Esprit ne peut être vu, et si vous deviez mourir dans cette ignorance, votre âme ne pourra pas retourner immédiatement auprès de Lui, mais devra être purifiée par des pérégrinations à travers le monde. Pour connaître le Centre du cœur où réside le Grand-Esprit, vous devez être purs et bons, et vivre selon la manière que le Grand-Esprit nous a enseignée. L'homme qui, de cette manière, est pur, contient 1'Univers dans la poche de son cœur
(Chante Ognaka) ». Nous ne saurions mieux faire, avant de commenter sommairement le symbolisme du Calumet, que de citer l’explication qu'en a donnée Héhaka Sapa dans son premier livre intéressés par les faits que par les idées universelles. Lorsqu'on dit qu'un groupe humain descend d'un totem, il n'y a pas là, comme le croit l’anthropologiste, une absurdité pure et simple : on exprime seulement ainsi que le groupe descend du Soleil, le Progenitor et Prajâpati de tous les êtres dans la forme particulière sous laquelle, en vision ou en rêve, il s'est révélé lui-même à l'ancêtre fondateur du clan. Le même raisonnement justifie le repas eucharistique : le Père-Progenitor est sacrifié et partagé par ses descendants, sous les espèces de la chair de 1'animal sacré : « Ceci est mon corps, prenez et mangez ».
De sorte que, comme le dit Lévy-Bruhl de symboles de ce genre, « bien souvent ceux-ci n'ont pas pour fonction de « représenter » aux yeux leur objet, mais de permettre d'y participer », et que « si leur fonction essentielle consiste à « représenter », au plein sens du mot, des êtres ou des objets invisibles, à en rendre la présence effective, il s'ensuit qu'ils ne consistent pas nécessairement en des reproductions ou
des images de ces êtres et de ces objets. » L'objet de l'art primitif est entièrement différent des intentions esthétiques ou décoratives de 1'« artiste » moderne (pour lequel les anciens motifs survivent seulement comme « formes d'art » dépourvues de signification) et cet objet explique son caractère abstrait. » (Ananda K. Coomaraswamy, Figures of Speech or Figures of Thought). (Black Elk Speaks): « Je remplis la Pipe sacrée avec l'écorce du saule rouge ; mais avant que nous la fumions, vous devez voir comment elle est faite et ce qu'elle signifie. Ces quatre rubans qui pendent de la tige sont les quatre Quartiers de 1'Univers : le noir est pour l'Ouest où vivent les créatures du Tonnerre afin de nous envoyer la pluie ; le blanc est pour le Nord, d'où vient le grand Vent blanc qui purifie ; le rouge est pour l'Est d'où
jaillit la Lumière, et où vit l'Étoile du matin afin de donner aux hommes la science ; le jaune est pour le Sud, d'où vient l’été et le pouvoir de croissance. Mais ces quatre Esprits ne sont somme toute qu'Un Esprit, et cette plume d'aigle est pour l'Un, qui est comme un père ; mais elle est aussi pour les pensées des hommes, qui doivent s'élever vers les hauteurs comme font les aigles. Le Ciel n'est-il pas un père et la Terre n'est-elle pas une mère, et tous les êtres vivants leurs enfants, qu'ils aient des pieds, des ailes ou des racines? Et cette peau sur l’embouchure, qui doit être de la peau de bison, est pour la Terre, d'où nous venons et au sein de laquelle nous suçons toutes nos vies, pareils à des nouveau-nés, avec tous les animaux, oiseaux, arbres et herbes. Et parce qu'elle signifie tout cela, et plus qu'aucun homme ne peut comprendre, la Pipe est sacrée. » Quand l'Indien accomplit le rite du Calumet, il salue le ciel, la terre et les quatre points cardinaux, soit en leur « offrant » la Pipe, dont il présente la tige, comme le veut par exemple le rituel des Sioux, soit en dirigeant la fumée vers les dites directions et parfois aussi vers le « feu central »2 — l’agni vedique — qui brûle devant l’officiant ; l’ordre de ces gestes peut varier, mais son plan statique reste toujours le même, puisqu'il est le schéma doctrinal, dogmatique si l’on veut, dont le rite sera l’actualisation.
2 « Le feu de son conseil ou de son grand logis-de-médecine, comme parfois l'indiquent ses chansons, est le plus ancien de tout; c'est à peu près ce que les philosophes grecs de l'école de Pythagore nommaient la Hestia qui brûle au centre du monde. C'est à ce feu central qu'il prend part en mêlant son haleine au feu du tabac sacré, et c'est ce même feu qui s'élève avec sa fumée vers le zénith de l'univers, ou s'abaisse vers le nadir en touchant la terre, ou se joint aux quatre vents qui parcourent les côtés de notre habitacle humain pleins de la vie soufflante des hauts cieux. » (Hartley Burr Alexander, L'Art et la Philosophie des Indiens de I'Amérique du Nord.)
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Publié le 02/04/2008 à 12:00 par wabon
Ce sont surtout les iroquois qui habitaient dans les Basses Terres du Saint-Laurent donc les terres étaient les plus fertiles qui pratiquaient l'agriculture. Ils ont su s'adopter très vite a cette nouvelle façon de se nourrir.
L'agriculture était vraiment importante pour les Iroquois. Si la récolte était mauvaise, alors l'hiver s'annonçait meurtrier puisque leur principal moyen de subsistance était l'agriculture.
Alors plusieurs tribus faisaient des festins, des danses, des offrandes de tabac, des rites, des sacrifices d'animaux pour s'assurer la sympathie des Esprits dans le but d'avoir de bonnes récoltes.
Les Iroquois et les Hurons cultivaient la citrouille, le maïs, les haricots, le tournesol et quelques autres légumes.
Ils commençaient par faire germer les graines et quelques jours plus tard, l'Indienne les enfonçait dans des buttes de terre, Les femmes préparaient de la terre noire où elles planteraient les graines de citrouilles et de courges.
Ensuite, on semait des graines de courge et de haricot à toutes les sept buttes, près du maïs qui était, sans aucun doute, le principal produit cultivé.
Ce sont les femmes qui faisaient le plus gros du travail dans les champs.
Elles étaient responsables de l'aménagement des clairières et elles ensemençaient les champs.
Elles devaient entretenir les champs et s'occuper des récoltes.
Quand aux hommes, ils aidaient leurs femmes lors des récoltes et défrichaient les terres.
Ils fabriquaient des engrais naturels provenant de la décomposition de souches pour fertiliser les terres avant la semence.
Les terres cultivables étaient très bien entretenues par les Amérindiennes.
Les indiens cultivaient aussi le chanvre mais pas pour les même raison cas notre époque. Ils utilisaient le chanvre pour lier les charpentes des maisons entre elle ce qui les rendaient très solide.
Ils se servaient aussi du chanvre pour leurs rituels, ils mélangeaient de petites quantités avec du tabac et des herbes aromatisées.
Très vite les indiens ce sont rendu comptes que les blancs aimaient beaucoup ce produit alors ils s'en servaient de monnaie d'échange.
A la fin des récoltes ils devaient chercher le moyen de conserver la nourriture durant la période hivernale.
Pour conserver le maïs, ils arrachaient les feuilles et les déposaient sur l'auvent d'une cabane ou sur de grandes perches.
On allumait ensuite un feu à l'intérieur de la cabane pour permettre le séchage des grains. Ces grains étaient alors placés dans des caisses d'écorces après avoir été broyés à la meule et au pilon.
Lorsque l'hiver risquait d'être rigoureux, ils creusaient des sous-sols où ils pouvaient entreposer tous les aliments pouvant geler.
Les tribus préparaient habituellement des mets avec les récoltes avant de les entreposer.
Une tribu pouvait faire une sorte de pain ou bien une bouillie appelée sagamité, à laquelle ils ajoutaient des morceaux de viande et de poisson, et des haricots.
Publié le 30/03/2008 à 12:00 par wabon
Black Elk (Elan Noir) fut l'un des leader spirituel de la nation sioux et plus précisément de la tribu des oglalas. Après les guerres indiennes qui décimèrent son peuple, lui et quelques autres sorciers ont tenté de maintenir vivante la tradition de ce peuple qui fut jadis si fier.
Tout ce que fait un indien il le fait dans un cercle... Il en est ainsi parce que le pouvoir de l'univers opère toujours en cercles et que toute chose tend à être ronde. Dans les temps anciens, lorsque nous étions un peuple heureux et fort, notre pouvoir nous venait du cercle sacré de la nation, et tant qu'il ne fut pas brisé, notre peuple a prospéré. [...]
Tout ce que fait le Pouvoir de l'Univers se fait dans un cercle. Le ciel est rond et j'ai entendu dire que la terre est ronde comme une balle et que toutes les étoiles le sont aussi. Le vent, dans sa plus grande puissance, tourbillonne. Les oiseaux font leur nid en rond, car leur religion est la même que la nôtre. Le soleil s'élève et redescend dans un cercle. La lune fait de même, et ils sont ronds l'un et l'autre. Même les saisons, dans leur changement, forment un grand cercle et reviennent toujours où elles étaient. La vie d'un homme est un cercle d'enfance à enfance, et ainsi en est-il de toute chose où le Pouvoir se meut. Ainsi nos tentes étaient rondes comme les nids des oiseaux et toujours disposées en cercle, le cercle de la nation, nid fait de nombreux nids où nous couvions nos enfants selon la volonté du Grand Esprit.
Il y a longtemps, mon père m'a répété les paroles de son père : une fois, un saint homme Lakota appelé Drink Water rêva de ce qui devait se passer. Il rêva que les quatre jambes revenaient sur Terre et qu'une race venue d'ailleurs tissait une toile tout autour des Lakotas. Et il dit: "Vous vivrez dans des maisons carrées, grises, sur une terre infertile..." Parfois on en sait plus en rêve que lorsqu'on ne dort pas.
J'ai guéri avec le pouvoir qui passait à travers moi. Bien sûr, ce n'était pas moi qui guérissait. C'était le pouvoir venu de l'autre monde ; les visions et les cérémonies avaient simplement fait de moi un trou à travers lequel le pouvoir avait la possibilité de parvenir aux Deux-Jambes. Si j'avais pensé que c'était ma propre action, le trou se serait fermé et aucun pouvoir n'aurait pu passer.
Tout ce que j'aurais fait alors auraient été insensé.
La deuxième paix est celle qui se crée entre deux individus, la troisième et celle qui soude deux nations. Mais au-dessus de tout cela il vous faut comprendre que la paix ne sera pas possible entre les nations tant qu'on ne sera pas convaincu que la véritable paix - comme je l'ai souvent dit - se trouve au coeur même de l'âme humaine.
Les Wasichus [=homme blanc] nous ont mis dans ces boîtes carrées. Notre pouvoir s'en est allé et nous allons mourir parce que le pouvoir n'est plus en nous. Regardez nos garçons et voyez ce que nous sommes devenus. Lorsque nous vivions par le pouvoir du cercle, de la façon dont nous le devions, nos garçons étaient des hommes à douze ou treize ans. Maintenant il leur faut beaucoup plus de temps pour mûrir. Eh bien, les choses sont ce qu'elles sont. Nous sommes des prisonniers de guerre tant que nous attendons ici. Mais il y a un autre monde.
Je peux me rappeler l'hiver du massacre des cent (1866) comme on se rappelle un mauvais rêve qu'on a fait dans son enfance ; mais je ne puis guère distinguer ce que j'ai appris étant adulte de ce que j'ai compris enfant. On dirait quelque chose d'effrayant dans le brouillard ; c'est que l'époque était aux troubles et à la peur.
Je n'avais encore jamais vu de Wasichu et je ne savais pas de quoi ils pouvaient avoir l'air ; mais tout le monde disait que les Wasichus allaient venir, qu'ils nous prendraient nos terres, nous extermineraient et qu'il nous faudrait tous mourir au combat. Jadis nous étions heureux sur nos terres et nous avions rarement faim parce qu'alors les deux-jambes et quatre-jambes vivaient ensemble comme une grande famille et il y avait assez de tout, pour eux comme pour nous. Mais les Wasichus sont venus et ils ont fait de petits îlots pour nous et d'autres petits îlots pour les quatre-jambes et ces petits îlots deviennent toujours plus petits devant la marée montante des Wasichus, marée sale de tromperie et d'avidité. J'avais dix ans cet hiver-là, quand pour la première fois je vis un Wasichu. D'abord j'imaginai qu'ils étaient tous malades, et j'avais peur qu'ils n'engagent à tout instant le combat avec nous, puis je me suis habitué à eux.
Je peux me rappeler l'époque où les bisons étaient si nombreux qu'on ne pouvait les compter, mais les Wasichus les ont tués tant et tant qu'il ne reste que des carcasses là où ils venaient paître auparavant. Les Wasichus ne les tuaient pas pour manger ; ils les tuaient pour le métal qui les rend fous et ils ne gardaient que la peau pour la vendre. Parfois, ils ne les dépeçaient même pas ; ils ne prenaient que les langues et j'ai entendu parler de bateaux de feu descendant le Missouri chargés de langues de bisons séchées. Ceux qui ont fait cela étaient des fous. Parfois, ils ne prenaient même pas les langues ; ils les tuaient simplement pour le plaisir de tuer. Quand nous chassions le bison, nous ne le faisions que selon nos besoins.
La vision est authentique et puissante. Que je sache elle n'a rien perdue de son authenticité et de sa puissance : car ces choses-là sont le fait de l'esprit, et c'est dans l'obscurité de leurs yeux que les hommes se sont perdus.